Entre la Grèce et Turquie, l'île de Kastellorizo prise en étau

Publié le : 06/11/2020 – 15:09

Aux confins de la mer Égée, l’île grecque de Kastellorizo est un gros caillou de 9 km² entouré d’eaux turquoise. Il y a trois mois, la décision du président turc Recep Tayyip Erdogan de lancer une campagne d’exploration gazière au sud de l’île a projeté ses 200 habitants dans l’oeil d’un cyclone, les privant de contacts avec la ville côtière turque de Kas, à deux kilomètres de là, dont ils dépendent pour leur approvisionnement. Nos journalistes ont rencontré les habitants de Kastellorizo et leurs voisins turcs, tous pacifistes et bien loin des préoccupations géopolitiques.

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Située à quelques encablures de la côte anatolienne, Kastellorizo offre à la Grèce un espace maritime gigantesque, courant sur presque toute la façade anatolienne. Un état de fait que le président turc a décidé de remettre en question en envoyant en août dernier des navires explorer ses eaux, disputées par la Turquie, à la recherche de gisements. 

Face à l’escalade des déploiements militaires mais aussi des mots employés par les forces en puissance, la petite île devient un symbole des tensions qui agitent la Méditerranée orientale. Pour les îliens, c’est la double peine. Ils sont privés de leur principale source de revenus, les touristes, échaudés par les tensions politiques. 

Mais aussi et surtout, ils doivent vivre coupés de la ville côtière turque de Kas, à deux kilomètres tout juste, dont ils dépendent pour leur approvisionnement. Désormais, pour trouver médecins, médicaments, produits frais ou encore matériaux de construction, il faut faire cinq heures de ferry, au plus rapide, pour Rhodes. 

Ils s’appellent Tsikos, Hürigul, Stavros, Maria, Erdal… Ils sont Grecs et Turcs. Ils vivent de chaque côté de cette étroite langue d’eau et pour eux, une seule chose compte : la réouverture de la frontière et la paix.

Notre reporter est partie à la rencontre de ces habitants. Il faut leur parler longtemps, ou tardivement, pour qu’ils finissent par baisser la garde et reconnaître qu’ils sont complètement effrayés par les discours du président turc, et les perspectives qu’ils ouvrent…


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