Les déplacés du Haut-Karabakh sans nouvelles de leurs proches

Publié le : 12/11/2020 – 16:47

Après six semaines d’affrontements meurtriers pour la région indépendantiste du Haut-Karabakh, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont signé, le 9 novembre, un accord de fin des hostilités sous l’égide de Moscou. Une nouvelle manifestation a eu lieu à Erevan, malgré l’interdiction des autorités, pour dénoncer l’accord de fin des hostilités au Haut-Karabakh. Reportage sur ceux qui ont fui les combats pour l’Arménie.

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Leurs villages, leurs maisons, leurs biens, leurs proches… Les déplacés du Haut-Karabakh ont tout perdu. “Ils ont besoin de tout, de nourriture, de kits d’hygiène… De vêtements aussi. Ils sont partis en catastrophe, lance Gayané, une humanitaire.

Quelque 100 000 civils ont fui les soldats azerbaïdjanais, “les Turcs” comme on les appelle ici. “Je n’ai plus de toit. J’avais deux maisons, les Turcs les ont brûlées. Une à Chouchi et l’autre à Karin Tap”, précise une autre. Le coût humain de la guerre est colossal. 

Déplacée du Haut-Karabakh, Alla a quatre enfants au front. “Moi tout ce que je veux maintenant, c’est retrouver mes enfants, explique la mère de famille qui n’a pas de nouvelles de deux d’entre eux. C’est tout ce qui compte pour moi. Après, on verra bien ce que la vie me réserve.”

La mère de famille a fui avec ses enfants les plus jeunes. Le reste de la famille est encore au Haut-Karabakh. Comme beaucoup de déplacés, elle a été accueillie par une famille d’Arméniens. “Ils sont chez nous depuis le 3 octobre, raconte l’hôte. Ils ne sont pas très bien installés pour dormir, ce n’est pas le luxe, mais on ne manque de rien. On vit tous ensemble. Si on était à leur place, ils feraient la même chose !”

Les enfants d’Alla encore au front ne quittent pas ses pensées et elle doute de revoir un jour sa ville, Chouchi, tombée sous contrôle ennemi. “Pour nous, c’est impossible de retourner vivre avec les Azerbaïdjanais… On espère qu’on pourra au moins retourner à Stepanakert”. La ville est encore sous contrôle arménien, capitale d’une République autonome en déroute, au sort plus que jamais incertain.


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