Dominic Cummings, bras droit de Boris Johnson, quitte son poste avant l'heure

Publié le : 13/11/2020 – 20:56

En proie à des tensions internes, le gouvernement britannique a annoncé, vendredi, le départ de Dominic Cummings, conseiller spécial de Boris Johnson, considéré comme l’architecte du Brexit. 

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Le “cerveau” de Boris Johnson sur le départ. Secoué par des tensions internes dues aux négociations du Brexit et à la gestion de la crise du Covid-19, le gouvernement britannique a annoncé, vendredi 13 novembre, que le plus proche conseiller du Premier ministre Boris Johnson quitterait ses fonctions à la mi-décembre. 

Plusieurs médias, dont Reuters, ont pu voir Dominic Cummings sortir du 10, Downing Street vendredi soir, un carton entre les mains. Selon la BBC et Sky News, le conseiller spécial de Boris Johnson, l’un des principaux artisans du Brexit, a d’ores et déjà quitté ses fonctions. 

Le poids considérable qu’il a pris auprès du Premier ministre, son approche combative et son désir de vouloir tout contrôler, selon la presse, a conduit à un climat de tension permanent au sein de l’exécutif et des conservateurs. 

Ä couteaux tirés avec l’administration, en raison de son désir de refaçonner la fonction publique, il est soupçonné d’avoir été à l’origine d’une série de limogeages d’assistants ministériels, accusés de ne pas défendre avec assez de vigueur la cause du Brexit.

“Les conseillers vont et viennent”, a commenté, vendredi matin, le ministre des Transports, Grant Shapps, sur Sky News. “Il nous manquera, mais nous évoluons vers une phase différente”, le Brexit et le déploiement de tests massifs durant la pandémie, que M. Cummings a contribué à mettre en place, touchant au but.  

Deal or no Deal

Ces bouleversements au cœur du pouvoir interviennent, alors que le Royaume-Uni et l’Union européenne ont entamé un sprint final de négociations pour tenter d’aboutir à un accord commercial avant la fin de la période de transition post-Brexit le 31 décembre.

Un “no deal” à l’issue de cette période, durant laquelle les règles européennes continuent de s’appliquer, impliquerait le rétablissement de droits de douane et de quotas entre Londres et les 27, potentiellement dommageables pour des économies déjà fragilisées par la pandémie.

Selon le journal The Times, Boris Johnson souhaite renouer un dialogue apaisé avec les députés conservateurs et adopter une approche “moins dogmatique” face à l’Union européenne. 

Certains y voient aussi une tentative de modérer sa ligne après l’élection du nouveau président américain Joe Biden, pro-Européen. 

“C’est tout simplement faux”, a réagi un porte-parole de Boris Johnson. “La position du gouvernement (…) est inchangée”, a-t-il poursuivi : il veut un accord respectant “totalement la souveraineté du Royaume-Uni”. 

Pour le député conservateur Bernard Jenkin, le départ de Dominic Cummings permettra de rétablir “le respect, l’intégrité et la confiance” qui “faisaient défaut ces derniers mois” entre les parlementaires et l’exécutif. 

Dans l’opposition travailliste, le député David Lammy a estimé sur Twitter que le Brexiter aura eu “l’une des influences les plus néfastes de l’histoire moderne sur le gouvernement britannique”, laissant derrière lui une culture d'”intimidation, de tromperie, d’hypocrisie et d’orgueil démesuré”.

En mai, Boris Johnson avait volé au secours de son conseiller lors du scandale suscité par ses déplacements en plein confinement, alors interdits. Cette affaire, qui avait choqué l’opinion publique, avait embarrassé le dirigeant, déjà vivement critiqué sur sa gestion de la crise sanitaire. 

Avec AFP et Reuters


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